Archives mensuelles : juillet 2016

La liberté comme valeur première ? À quel prix parfois ?

La liberté de conscience est une valeur fondamentale qu’il est nécessaire de préserver. La liberté de choisir, d’avoir ses propres valeurs, et de suivre son chemin à soi, unique. La liberté de choisir sa religion ou de n’adhérer à aucune religion.

Dans notre monde occidental, la liberté semble avoir une valeur au-dessus de toutes les autres. D’accord, on n’a pas le droit de tuer, de voler, de pénétrer dans la propriété de l’autre sans sa permission. Cependant on peut tout dire, même si cela peut être parfois une autre façon de tuer, d’écraser, d’anéantir l’autre. On veut à tout prix préserver cette liberté.

Heureusement, « le juge Scott Hughes du Tribunal des droits de la personne a déclaré que les propos de Mike Ward sur Jérémy Gabriel « avaient porté atteinte à son droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation. » Tiens, voilà une autre valeur qui peut être au-dessus de la liberté de dire n’importe quoi : la dignité de la personne humaine. Aujourd’hui beaucoup ont peur de perdre la liberté de dire n’importe quoi. On veut défendre ce droit et le mettre au-dessus de tout autre au risque de détruire des personnes. Ainsi le droit de posséder, s’il n’est pas accompagné de cette valeur qu’est le partage, tenant compte de la dignité de toute personne humaine, du droit de chacun d’avoir sa part, peut-il devenir très immoral et source de violences et de guerres.

Je dis OUI à la liberté de conscience, mais je dis en même temps que ce n’est pas la liberté de faire de tout ce dont on a envie. La liberté ne doit-elle pas être au service de l’amour, de la dignité de la personne humaine, de la justice, de la paix… ?

Cette liberté est pourtant si précieuse ! Dans le monde religieux, on insiste très peu sur la référence à la conscience. Pourquoi ? Serait-ce par peur qu’on fasse n’importe quoi au nom de la conscience ? Ne faut-il pas plutôt éduquer à l’écoute de la conscience, la conscience profonde qui diffère des autres voix en soi. Ces voix peuvent venir de ce qui se fait dans son milieu ou de ce qui ne se fait pas et conduire à dire : « Tout le monde le fait, je ne suis pas pire que les autres ». Elles peuvent également venir du « devoir avant tout », de principes rigides, d’une recherche tendue de perfection, plutôt que d’être à l’écoute de ce qui est bon pour soi en ce moment, en tenant compte, bien sûr, des autres et des circonstances dans lesquelles on vit.

Pourtant, chez les catholiques, entre autres, on peut trouver une déclaration sur la dignité fondamentale de la conscience, faite au Concile Vatican II : « La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre ». Pourquoi parle-t-on si peu de cette priorité de la conscience ? C’est bien plus facile de dire ce qu’il faut faire… Est-ce ainsi qu’une personne se développe, grandit, devient responsable ?

Où apprend-t-on le discernement en profondeur ? Je ne sais pas tous les lieux où on peut l’enseigner. Je sais qu’Ignace de Loyola avait une méthode pour aider à discerner. Personnellement j’ai appris à être fidèle à ma conscience, non pas à la faculté de théologie, mais dans un organisme de formation non-religieux, mais très humaniste, Formation PRH. Cette fidélité à ma conscience est un des outils que j’y ai découvert, qui m’a rendu les plus grands services dans ma vie. C’est cette fidélité à ma conscience qui m’a permis de suivre ma route à moi, ma mission personnelle, et d’avancer toujours plus loin dans le sens de ma vie. La vraie liberté, selon moi, est celle qui permet, à chacun et chacune, de suivre son chemin unique et de réaliser pleinement ce qu’il porte au fond du cœur.

La vie spirituelle, une Aventure passionnante / La différence entre une vie religieuse et une vie spirituelle

Le mot religion vient de « relié », c’est à dire relié à Dieu, en lien avec Lui. Pourtant on peut vivre une vie religieuse qui en soit une d’observance, de devoirs à accomplir, sans vivre une…

Source : La vie spirituelle, une Aventure passionnante / La différence entre une vie religieuse et une vie spirituelle

La vie spirituelle, une Aventure passionnante / La différence entre une vie religieuse et une vie spirituelle

Le mot religion vient de « relié », c’est à dire relié à Dieu, en lien avec Lui. Pourtant on peut vivre une vie religieuse qui en soit une d’observance, de devoirs à accomplir, sans vivre une véritable relation à Dieu.

En même temps, il faut reconnaitre que c’est à travers les grandes religions que des spiritualités se sont développées par l’expérience des mystiques. Le mot « mystique » fait peut-être peur. Un mystique, ce n’est pas quelqu’un qui vit des phénomènes extraordinaires. C’est simplement quelqu’un qui témoigne vivre une expérience de communion avec la Source de tout ce qui existe.

Le danger de la religion, c’est l’exécution de rites, c’est l’habitude où la vie ne passe plus, où le devoir prime sur l’intériorité. La spiritualité appelle la vie, l’expérience qui fait vivre. On peut croire ce qu’on nous a enseigné sans que cela transforme notre vie. Au contraire, on peut expérimenter une Vie qui nous transforme, qui nous apporte un bonheur profond, qui donne sens à notre vie.

Pourtant l’être humain a besoin de rites. Ne pensons qu’aux grands évènements qui peuvent nous marquer positivement s’ils sont vécus ainsi, avec le cœur, comme un mariage, des funérailles, etc. S’ils sont vécus à partir du cœur, ils peuvent être très pleins de vie, à condition, je crois, d’être vécus dans une certaine liberté pour ne pas être étouffés par le devoir de bien exécuter ce qu’on doit faire ou par l’habitude qui peut devenir sans âme.

Un témoin qui vient de nous quitter, le Père Benoit Lacroix, a marqué positivement tant de gens, parmi lesquels beaucoup d’artistes, à travers des célébrations où son cœur passait. Nous avons besoin de nous retrouver avec d’autres pour célébrer et partager. La vie spirituelle en solitude pourrait nous refermer sur nous-mêmes, alors qu’une vraie vie spirituelle ne peut supporter cela. Au contraire, celle-ci ouvre sur les autres, sur le monde, sur la beauté reconnue partout : dans la nature, dans les personnes, dans les œuvres d’art.

La vie spirituelle est une véritable Aventure où l’étonnement, face à la grandeur que nous éprouvons intérieurement, nous saisit. Une communion à une Présence intérieure, communion qui est toujours nouvelle, peut s’établir.  Alors, la vie a du goût. Le sentiment de solitude diminue de plus en plus, jusqu’à disparaître. On ne se sent plus seul.

Il existe un chemin pour vivre de plus en plus cette expérience. C’est ce chemin que le Centre Le Soleil Levant a comme mission de faire expérimenter par le biais de la formation Une spiritualité pour notre temps. Bienvenue à tous et à toutes !