Archives mensuelles : septembre 2016

Connais-tu la souffrance de l’autre ?

J’ai souvent entendu des personnes dire à quelqu’un : « Ouvre ton cœur. » C’est si facile à dire. Connais-tu sa souffrance ? C’est la question que je me pose maintenant que je connais davantage l’être humain. Je sais maintenant que bien des gens sont incapables d’ouvrir leur cœur. Ils ont trop mal. Ils ont été obligés de se durcir, ce qui s’est fait même à leur insu pour ne pas être terrassés par la douleur. Parfois il a fallu qu’ils se réfugient dans leur tête. Ils ont étouffé leur sensibilité. Et ils étouffent dans leur vie. Puis, ils fuient comme ils peuvent, parfois dans l’action, telle cette personne qui me disait : « Quand j’ai trop mal, je fais le grand ménage. » Pourquoi tant de gens fuient le silence, ont tant besoin de bruit ? Pour ne pas être avec eux-mêmes. C’est trop vide ou trop douloureux. Quelqu’un me disait : « Plus rien ne me fait rien. » Cette personne était morte à l’intérieur et ce n’était pas de sa faute.

On peut être porté à juger des personnes, à en trouver certaines insensibles, comme si elles avaient fait exprès pour durcir leur cœur. Sommes-nous conscients de la souffrance qu’il y a derrière cette insensibilité, parfois apparente ? J’ai connu une mère qui a perdu sa fille dans un accident. Elle n’a pas versé une larme. Comment l’a-t-on jugée ?… Elle m’a partagé que lorsqu’elle visionnait un film où un parent perdait son enfant, elle pleurait à gros sanglots. Elle était incapable de pleurer sa fille en direct. La douleur était trop intense.

Que faire alors ? Voir au-delà de ce qui est apparent. Découvrir le cœur de l’autre. Au profond de toute personne, il y a du beau. Quand on est attentif, on peut reconnaitre des traits de la personnalité de l’autre que lui-même ne connait pas. Il peut être bon, même important, de les lui refléter. Surtout, l’accueillir dans son mal lorsqu’il est prêt à se livrer. Ouvrir son cœur à soi, si on le peut. Et si cela nous perturbe, c’est que nous sommes éveillés dans notre propre mal. Plutôt que de traiter  la personne de « mangeuse d’énergie », comme on l’entend souvent, savoir alors se faire aider soi-même. L’autre devient alors chemin de transformation pour soi.

Si personnellement je n’avais pas été accueilli dans tant de peine, d’abord inconsciente et tant refoulée, mon cœur n’aurait pas débloqué. Si je n’avais pas rencontré des personnes qui ont cru en moi plus que moi, pour avancer et faire confiance en mes propres intuitions, je n’aurais pas pu devenir ce que je suis et réaliser ce que je portais au profond de moi. Mon cœur étant plus libre, je suis devenu de plus en plus capable de suivre mon chemin et d’aimer d’amour gratuit. Pour y arriver, le seul chemin est de grandir soi-même, devenir de plus en plus libre intérieurement, devenir capable d’aimer gratuitement. Pour cela, nous avons besoin d’un chemin balisé et d’aide personnelle compétente. La formation PRH a été pour moi ce chemin.

Ghyslain Julien